DESPERADOS Before The End Of The Beginning maxi ep 1980Misfits / Slippin' And Slidin' / Homicide / Someday You 'll Pay / Honey Don't / Badland / Colt 45.
Produced by M. Zermati & G. Blumenfeld.
Desperados: P. Lüger: guitar / H. Schwarz: guitar / T. Edwards (Gas): drums & vocals / P.-J. Cayatte: bass.
"...DESPERADOS dura un été. Mythique et fantôme. De la chair à légendes. Quelques sets au Gibus, que certains virent, mais que beaucoup évoquèrent. Et un split par mort lente - faute de combattants. Des DESPERADOS, il ne reste que ce putain de disque et le souvenir de Pierre-Jean.
Pierre-Jean Cayatte qui quitta le Gazoline d'Alain Kan et d'informels groupes de jazz rock pour la frénésie du punk-boom de 77. Il arriva dans Asphalt Jungle, un disque de Wagner sous le bras et un perfecto tout neuf. Pierre-Jean et sa basse martiale, sèche et dure, son goût pour les épopées à la Carl Orff. Une soif d'absolu. Il quitta Asphalt peu après Mont-de-Marsan, zona deux ans avant une tentative avec Métal Urbain/Métal Boys et l'aventure DESPERADOS. Le vécu valait-il qu'on lui sacrifie tant?...
...Pat et Hermann! Guitaristes ! Leur histoire est simplement celle du punk rock français. Leurs 18 ans, c'était les Stooges et les Dolls, la recherche des pépites sixties – Seeds, Standells ou 13th Floor Elevator, aux puces ou à l'Open Market.
73/74. Les premiers cuirs, franges à la Brian, imitations Annelo & David, Levi's blancs. Les souvenirs dormaient, le système avait digéré un rock & roll enfoui sous la pompe et les fumigènes. A Londres, autour de Nick Kent, à Paris, autour de l'Open Market - certains cherchaient une nouvelle innocence à conjuguer le rock & roll au présent. Sa magie adolescente et sa verve. Je me souviens de cet appartement de St-Ouen où le rock & roll français renaissait autour d'une bouteille de Cherry volée dans un supermarché et de deux guitares à 50 sacs branchées sur pédale fuzz et Teppaz ...Il y avait là Rikky Darling, Jacno, Elli, Hervé Zenouda et Pierre Godard...Hermann et Pat jouèrent avec moi à Genève. Puis ce fut Strike Up, Man Ray, Metal Boys ou DESPERADOS… Moins punk-killers que par le passé, le style des deux frères est désormais unique : comme un rockabilly survolté, jonglant avec l'électricité des Bo Diddley ou Link Wray… une école qui connaît Wilko comme Johnny T. Une école qui connait ses classiques…
Et Gas, que l'on vit dans le Living Dead de Johnny Thunders. Gas qui est un grand batteur à la Jerry Nolan. Un putain de chanteur avec toute l'émotion d'une voix blanche transcendée par les influences noires, rhythm'n'blues…
Ce disque donc. Le disque d'un groupe qui ne pouvait durer, qui a souffert de tous les travers du rock parisien. Un groupe sans garde fou, et sans visibilité. Une ligne de vie au jour le jour. Loin du professionalisme stérile à l'anglaise, loin du "carriérisme" de beaucoup.
Mais pour cela, il fallait payer cher: Pierre-Jean s'est tiré une balle, un soir de novembre.
Après Ginger et tant d'autres: ces deux dernières années furent bien dures à vivre...
Alors que dire de plus? Que ce disque est unique. Témoignage rare d'un rock'n'roll sans concessions. Un disque qui fait mal car c'est de vie qu'il s'agit, et non de marketing. Ces reprises de "Honey Don't" ou "Slippin' and Slidin'" ! Ces originaux superbes que sont "Someday You'll Pay" ou "Misfits"! Le rock'n'roll peut donc encore offrir ça ? Ceci n'est pas un gadget, le produit roublard d'un trust discographique. Ce disque à une âme.
Et un cœur. Un coeur qui saigne et l'a prouvé."
extrait du texte écrit par P. Eudeline au dos du maxi ep en 1980
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